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SARREBOURG (Ex WAR FURY)


Extrait de : LA DEPECHE DE BREST
Portsall, 25 février. Un grand vapeur des armateurs français, le Sarrebourg, capitaine Lévèque, allant d’Angleterre à Nantes, longeait nos cotes, la nuit derniere, par temps très noir. Ayant reconnu les éclats du phare de l’île vierge, il poursuivait sa route quand, peu après six heures, un choc d’une grande violence ébranla le navire.
L’avant venait de heurter une roche : le BIRVIDIC, croit- on. La déchirure qui en résultât était telle que l’eau s’engouffra dans les cales. En hate, on manœuvra les pompes mais elles ne parvenaient pas à empêcher l’envahissement.
Une seule manœuvre restait à tenter : gagner la cote au plus tôt et risquer l’échouage pour éviter de sombrer .le commandant l’entreprit .mais il fallut après de longs efforts se résoudre à abandonner le navire pour sauver l’équipage. Tous prirent place dans deux chaloupes, qui s’écartèrent. Peu après le Sarrebourg piquait de l’avant, puis disparaissait dans un jaillissement d’écume.

Les sauveteurs interviennent
Lorsqu à bord on avait constaté la gravité de l’accident, un SOS avait été lancé. Le remorqueur de sauvetage IROISE, toujours en éveil, l’avait reçu et l’appareillage suivait peu après. Mais, malgré toute la diligence faite, le naufrage était déjà consommé lorsque le remorqueur parvint sur les lieux.
Au poste sémaphorique de l’Aber Wrach on avait appris le naufrage, on s’empressait d’aviser le sémaphore de Landunvez.Par deux fois le canon d’alarme fit entendre sa lugubre voix, tandis que la cloche de la chapelle de Portsall jetait l’émoi parmi la population à coups précipités.
L’équipage du canot de sauvetage Docteur Jules BAISNEE des hospitaliers sauveteurs bretons se rendait en hâte prés du patron Eugène Salou.En un instant les portes étaient ouvertes à deux battants et le chariot lancé sur ses rails, portait à la mer son précieux fardeau.
Il était déjà plus de huit heures. Sur les points culminants de la dune, toute la population s’était portée pour suivre les péripéties du drame.
Le Docteur Jules Baisnée n’était pas encore sorti du chaos d’écueils qui barre jusqu’au large l’entrée du port, que l’on voyait au loin disparaître la haute silhouette du vapeur dans un grand remous.
Toutes voiles dehors, le vaillant canot poursuivit néanmoins sa route. Il rejoignit ainsi les chaloupes qui portaient les naufragés et les prenaient en remorque pour les conduire dans le port de l’Aber Wrach.
C’est après midi, tandis que les rescapés prenaient le train pour Brest, les sauveteurs reprenaient la mer pour rejoindre l’abri.
A Portsall, des hauteurs, on suivait la manœuvre du retour et on vit ainsi qu’un e navire de l’état, la Somme, venait apporter son aide. Les canotiers à leur tour furent remorqués jusqu’au large de la passe d’entrée.
Il était six heures quand ils amenèrent définitivement leurs voiles et vinrent recevoir, en débarquant, un accueil qui, pour n’être pas démonstratif, n’en était pas moins affectueux.

CEUX QUE NOUS A DECLARE LE CAPITAINE LEVEQUE
Joint à sa descente du train qui le ramenait lui et son équipage de l’Aber Wrach, le Capitaine Leveque commandant le Sarrebourg, nous a fait les déclarations suivantes tandis que nous faisons route avec lui vers le port de commerce.
_ L’accident s’est produit vers six heures et quart ce matin. Tout était pour le pire : il pleuvait et l’on n’y voyait rien. Appelé sur la passerelle, à cinq heures par son second, par le travers de l’île vierge, j’avais tracé la route à suivre. Nous devions passer à un mille du feu de Corn carhai.
_Je commançais à m’étonner de ne pas voir ce feu et j’allai donner l’ordre d’appuyer sur tribord, bien que la marée eut du, normalement, nous faire dériver vers le large, lorsque nous heurtâmes une roche par l’avant. Je devais apprendre par la suite que le feu de Corn Carhai était éteint, mais je n’avis pas eu connaissance de cette extinction.
Le Sarrebourg allait de Newcastle à saint Nazaire, chargé de charbon destiné aux usines métallurgiques de la basse couet. Il avait précédemment fait la traversée Le Havre – Newcastle, dans une brume intense, sans la moindre anicroche. Et le Capitaine Lévèque poursuit :
_Il était donc six heures quinze au moment de l’accident. Par TSF, j’alertais bientôt l’Iroise, pensant que le robuste remorqueur de l’union française maritime arriverait à temps pour nous secourir.
Mon bateau coulait en effet lentement, par l’avant. Ce n’est que deux heures après le choc et la déchirure de sa coque qu’il sombra. Tout l’équipage et moi- même avions pris place dans les deux canots du bord et, à l’aviron, nous faisions route vers l’Aber Wrach. Survint le canot de sauvetage de Portsall, qui nous prit en remorque et nous débarqua bientôt à l’Aber Wrach, où nous fûmes l'objet des meilleurs soins, à l’hôtel Bellevue.

L’EQUIPAGE
Ayant mis en consigne, à la gare de l’état les sacs et valises que certains avaient pu bourrer et sauver - pas tous, tel le premier chauffeur Marrec de Pougastel, qui, de quart au moment de l’accident, dut abandonner son bien. L’équipage avait suivi au port de commerce son commandant.
Voici les noms des naufragés :
Second capitaine : m Purnel, de Belval (manche) ; lieutenant : m Loget, de st nazaire ; chef mécanicien : m Audouis, de blain(loire inferieure) ; 2°mécanicien : m Quéméner, de Lorient ;3°mécanicien :m Le Guillou, de Qimper-Guézénnec ;1°chauffeur :m Marrec , de Plougastel ;chauffeurs :m Jean Le Moal, de Brest Yyouinou D’Audierne ;Matelots de pont m Joseph Kergouzien,Yves Le Moal,Joseph Le Moal,Le Garrec,Guillermie,Le Floch.
Le reste de l’équipage - 25hommes en tout- étant composé de Sénégalais et d’Arabes.

LE FEU DE CORN CARHAI AVAIT ETE SIGNALE ETEINT
Nous nous sommes assuré que l’extinction du feu de Corn Carhai avait été signalée dans les règles.
Un avis aux navigateurs en date de 14 janvier a été communiqué aux services intéressés et à la presse.
Le même avis a été passé par TSF aux navires en mer.

LE SARREBOURG
Le Sarrebourg, qui faisait partie de la flotte de la société « les armateurs français », avait Rouen pour port d’attache. Il était affecté au transport du charbon et des marchandises générales entre l’Angleterre et la France.
Construit en acier, c’était un cargo de 2.222 tonneaux de jauge brute, mesurant 70 mètres de long. Il avait 8,370 tonnes de portée en lourd et était mû par une machine à vapeur de 1300 chevaux.
Le Sarrebourg avait été construit en 1919 sur un chantier étranger.
La valeur du Sarrebourg, cargaison non comprise, est évaluée à 2 500 000 FR.

Cette épave n'a toujours pas été trouvée, elle est entre PORSALL et l'ABER WRAcH sur des fonds de 50 a 70 mêtres


Source:


Archives départementales de BREST
1 rue des archives Lundi au vendredi 17H00
tel : 02 98 47 04 55

SNSM archives Paris
Madame ROSSI
Tel : 01 56 02 64 25

SHOM Service de géophysique / géodésique
Monsieur JEHAN
Tel : 02 98 22 07 82
Fax : 02 98 22 08 99

Great Lakes Vessels Index
Historical Collections of the Great Lakes
Bowling Green State University

Registry & Rig Information Item: 007416
Vessel Name: WAR FURY Image Not available
Nationality U.K.
Official Number: 144302
Rig: Propeller
Dimensions & Tonnage
Vessel Length: 251.16 Gross Tonnage: 2038.00
Vessel Width: 43.58 Net Tonnage: 1201.00
Vessel Height 20.33 Hull Material: Steel
Masts: Hull Number: 00008
Builder Information
Place of Build: Midland, Ontario
Builder: Midland Ship Building Co., Ltd.
Date of Build 1919
Name Changes
Vessel Name: Date: Registry Official #
SARREBOURG 1920 - 1927 FRANCE
Ownership Changes
Owner Name Date Registry Official #
The Shipping Controller
London, England 1919 - 1920 U.K. 144302
Les Armateurs Francaise
Rouen, France 1920 - 1927 FRANCE
Disposition
Wrecked, February 25, 1927, near Ushant, on voyage from Tyne for Nantes with coal.

LE 21 JANVIER 2002

1 : CENTRE HISTORIQUE DE LA MARINE BREST

DICTIONNARY OF DEASASTERS AT SEA 1824 / 1962

REF:D/2 2809


TEXTE : SARREBOURG
Société anonyme de navigation LES ARMATEURS FRANÇAIS
1919
CONSTRUCTEUR : midland sb co
2.004 TONS
254,2 X 43,37 X 204
253 nhp triple expansion engine

The french steamship SARREBOURG on a voyage from NEWCASTLE to NANTES with coal, struck a rock and sank on February 25 th 1927 off BREST.
Le vapeur SARREBOURG en provenance de NEW CASTLE vers NANTES avec une cargaison de charbon heurte une roche et coule le 25 FEVRIER 1927 au large de BREST.

2 : ARCHIVES DEPARTEMENTALES DU FINISTERE

Extrait de : LA DEPECHE DE BREST
4 MI 100 191

le 25 JANVIER 2002